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Bientôt, un accord seniors ambitieux dans les industries agro-alimentaires

Les industries agro-alimentaires devraient signer un accord seniors « en début de semaine prochaine », a indiqué Pascal Souzy (FGA-CFDT), lundi 11 janvier au Quotidien de la formation. La CFDT, FO et la CFTC devraient le signer, tandis que la CGT et la CFTC ne parapheront pas le texte. Avec des objectifs chiffrés de recrutement de quinquas de 4 % à 6 % dans les branches et de 6 à 8 % dans les entreprises.

Conformément à la (loi), l’accord prévoit des objectifs de recrutement : au niveau interbranche 4 % des salariés recrutés seront âgés de 50 ans et plus dans les branches où ils représentent 20 % et plus des effectifs. Dans les branches où les 50 ans et plus représentent moins de 20 %, l’objectif est de 6 %.

« 70 % des salariés âgés de 55 ans et plus seront maintenus dans l’emploi jusqu’à l’âge auquel ils pourront liquider leur retraite à taux plein ». C’est en tout cas l’objectif à atteindre dans les branches, selon l’accord, qui rappelle que l’âge moyen dans la branche est de 40 ans.

Des objectifs nationaux, tant au niveau du recrutement que du maintien, qui « ne seront jamais atteints au sein des entreprises », estime Anita Binacci (FNA-CGT). Bien que l’accord mentionne des pourcentages au niveau des entreprises (6 % des salariés recrutés seront âgés de 50 ans et plus dans les branches où ils représentent 20 % effectifs, 8 % dans les entreprises dont les branches emploient moins de 20 % de quinqua et plus), la CGT juge que cet accord sera indolore pour les entreprises. « On ne peut pas imaginer que les entreprises de 3000 salariés respectent ces objectifs, rien ne les y oblige d’ailleurs », ironise Anita Binacci.

Si Pascal Souzy reconnaît que cet accord n’est pas « assez contraignant », il note que cela reste plus engageant qu’un simple « plan d’action » qui n’implique pas directement les syndicats. Parmi les six domaines inscrits dans la loi [1], le volet formation fixe comme objectif qu’à « l’issue de la période de 3 ans, 50 % des demandes de DIF émanant des salariés âgés de 45 ans et plus sont acceptés » et que « 100 % des salariés âgés de 45 ans et plus ayant besoin de renforcer leur qualification (niveaux V et IV de l’éducation nationale) ont été informés sur les possibilités de recourir à une période de professionnalisation ».

Les entreprises s’engagent par ailleurs à faciliter l’accès des seniors aux formations à la fonction « tutorale ». « C’est en parfaite contradiction avec l’attitude des entreprises qui font partir en priorité les seniors à chaque plan social », tance Anita Binacci. Pour faire des actions de tutorat et transmettre la mémoire collective, faut-il encore que des jeunes soient recrutés pour le transfert de compétence.

Or cet accord « n’encourage pas la création d’emplois », argue Anita Binacci. D’une manière générale, la CGT estime la pénibilité insuffisamment prise en compte. « Ce dispositif de maintien des seniors est antinomique avec le souhait des salariés des industries agro-alimentaires. Il y a beaucoup de métiers pénibles, moins de 10 % des salariés veulent continuer à travailler au-delà de 55 ans », avance Anita Binacci.

De son côté, le gouvernement, Laurent Wauquiez en tête, a prévenu : « Nous ne réenclencherons pas la machine à pré-retraite, il faut au contraire investir pour les seniors. C’est un choix à rebours par rapport aux politiques menées depuis trente ans », marquées par la mise à la retraite des 55-64 ans pour faire « baisser les chiffres du chômage », déclarait le secrétaire d’Etat à l’Emploi, lors de la présentation de la loi (voir notre article). « Je préfère mettre de l’argent dans le tutorat que financer des pré-retraites ».

Source : L’INFFO de la formation

Le 12 janvier 2010, par Gonzague Rambaud

[1] Transmission des savoirs et des compétences, recrutement des salariés âgés ; anticipation de l’évolution des carrières professionnelle ; amélioration des conditions de travail et la prévention de la pénibilité ; développement des compétences et des qualifications et accès à la formation ; l’aménagement des fins de carrière et de la transition entre activité et retraite

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