Christian Darvogne, Président d’Obifive
Le passeport formation « trappe ou tremplin »
Le passeport orientation et formation est mis à la disposition du salarié par son employeur (loi du 24 novembre 2009).
Cette nouvelle initiative, qui reprend et généralise des idées et expérimentations déjà anciennes est elle vouée à l’échec ? Les passeports restent à ce jour très peu répandus.
La formulation dans un même document des compétences acquises par la formation ou l’activité constitue, pourtant, le moyen simple de valoriser son expérience.
Pourquoi le passeport formation rencontre-t-il si peu l’intérêt des salariés ?
Tout d’abord, même si cette piste mérite d’être poursuivie par ailleurs, j’écarte ici l’hypothèse d’un problème de communication. Les dispositions de la loi sont faciles à mettre en œuvre et des exemples de passeport sont disponibles sur le web.
De mon point de vue, le manque d’engouement actuel trouve son origine dans la défiance portée à une démarche seulement déclarative.
Notre pays est attaché au dispositif de reconnaissance et de certification externe. Pour nous, la preuve est pré constituée, c’est-à-dire établie à partir de documents ou de dispositifs dotés du visa de l’impartialité. La reconnaissance et la validation des compétences, mêmes si elles se sont émancipées de la prise en compte des seuls diplômes, restent représentatives de cette conception.
Le passeport est avant tout le carnet de bord du parcours professionnel de son propriétaire, un cv augmenté. Il ne constitue pas une validation unilatérale mais une aide au dialogue.
En permettant à son titulaire de disposer des éléments récapitulant son expérience, il lui permet d’argumenter la preuve de ses compétences au cours d’entretiens professionnels ou au sein des dispositifs de validation.
Comment valoriser son expérience pour démontrer ses compétences ?
Notre expérience professionnelle nous permet d’exprimer nos compétences. Le passeport récapitule les activités, les responsabilités et les productions que nous avons réalisées en les reliant aux conditions dans lesquelles nous sommes intervenues. Les compétences sont en effet contextuées. Je démontre mes compétences à travers ce que j’ai fait.
La maitrise professionnelle renvoie à notre capacité à formuler et challenger les processus de travail, les savoirs engagés et nos caractéristiques personnelles. Je démontre mes compétences à travers ce que j’ai appris.
Obifive a parrainé l’ouvrage « Evaluation Trappe ou tremplin de Jean Guy Millet, Pierre Caspar et Claude Normand » publié aux Editons Eyrolles en 2010 Christian Darvogne a co rédigé un ouvrage intitulé Organiser le travail pour qu’il soit formateur aux Editons INSEP
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