« Du développement durable à la croissance verte : quels impacts sur l’emploi, les métiers et les formations ? » (Dossier publié par l’Inter Carif-Oref)
La naissance en 1972 du concept de développement durable, son introduction en 1987 dans le rapport Brundtland de l’ONU, la Stratégie européenne de développement durable en 2001 et, en France, la Stratégie nationale du développement durable (2003-2008) ou encore le Grenelle de l’Environnement en 2007 ont conduit à repenser l’économie en tenant compte d’une série de facteurs environnementaux. En conséquence, cela doit conduire à l’émergence de nouvelles formations, de nouveaux métiers, de nouveaux comportements et de nouvelles normes dans le champ professionnel.
L’étude, conduite à l’instigation des directeurs des Carif-Oref, et réalisée par les documentalistes de l’Inter Carif Oref « tente de faire un état des lieux de la prise en compte du développement durable dans l’économie française en tant que facteur influençant les secteurs économiques, et avec eux, l’emploi, les métiers et la formation ». Elle avance que si « croissance verte ne créera pas massivement d’emplois », la logique qu’elle enclenche aura un impact sur le monde de l’emploi et de la formation dans son ensemble.
Elle signale les objectifs européens visant à placer le développement durable « au cœur de la stratégie européenne d’emploi ». La résolution adoptée le 7 septembre 2010 par le Parlement européen affirme en effet que « tous les emplois doivent concourir à la réalisation d’un développement durable ». Par ailleurs, il s’agit pour les Etats membres de développer une « culture du développement durable et de la conscience écologique » en adaptant les systèmes d’éducation et de formation.
Le rapport revient longuement sur le Grenelle de l’environnement, « événement majeur symbolisant l’engagement de la France dans une démarche de développement durable », et synthétise le bilan dressé par les comités des 18 filières stratégiques à fort potentiel de croissance, notamment en matière de formation. Il établit les différents besoins de l’« emploi vert » et énonce une série de neuf orientations, parmi lesquelles l’identification et la promotion des métiers de la croissance verte ou encore l’adaptation de la formation des enseignants et formateurs.
5 régions pilotes (l’Alsace, la Corse, le Nord-Pas-de-Calais, les Pays de la Loire et la Réunion) ont été désignée en juin 2010 pour expérimenter le plan « Métiers de la croissance verte ». Celles-ci pourront « disposer d’un observatoire régional des emplois et des formations de la croissance verte (…), faire un diagnostic régional des emplois de la croissance verte portant sur l’ensemble des territoires et bassins d’emplois prioritaires et de favoriser des projets territoriaux à caractère innovant ».
La Stratégie nationale de développement durable 2010-2013 fait l’objet d’une courte analyse, s’attardant sur les défis stratégiques à relever. Parmi ceux-ci, la constitution d’une « société de la connaissance », faisant de l’éducation et de la formation des priorités.
L’impact du développement durable sur les métiers et la formation est analysé. « L’essentiel des métiers concernés par la croissance verte », est-il indiqué, « correspond à des emplois existants pour lesquels des adaptations seront nécessaires notamment en termes de formation ». Les efforts de formation concerneront tous les secteurs, allant de la sensibilisation des salariés au développement durable jusqu’à la formation à des nouvelles compétences et savoir-faire. A cette fin, la qualification de formateurs est « une des priorités », de même que l’anticipation des besoins « par le biais des observatoires prospectifs des métiers et des qualifications des branches professionnelles ».
Le document s’achève par une analyse détaillée portant sur la croissance verte dans les diverses filières économiques (Bâtiment, Energies, Tourisme, Transports…), dressant l’état des lieux et indiquant les perspectives et enjeux futurs.
Le 21 mars 2011, par Mikaël Faujour
Un site de Centre Inffo







