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La formation ne sait pas transmettre le savoir être (Afref)

Que vient faire l’introspection dans l’entreprise, maintenant, alors qu’elle était autrefois dévolue à la sphère privée ? s’est demandé Denis Bismuth, expert en groupes d’analyse de pratiques pour l’encadrement intermédiaire, jeudi 16 septembre lors d’une matinée de réflexion sur le thème VAE, pratiques d’introspection professionnelle et formation organisée par l’Association française pour la réflexion et l’échange sur la formation (Afref). Si on parle de coaching depuis dix ou vingt ans, pourquoi cela devient-il un objet social, alors que c’était plutôt confidentiel ?

De nos jours, les managers doivent faire bon nombre de choses qu’ils n’avaient pas à faire avant, comme évaluer, peser mesurer, aller chercher de l’information, se poser des questions « pour pouvoir décider du sens de leur propre action, puisqu’on ne leur dit plus, et porter du sens pour les autres. » Ce qui demande des compétences qui ne sont pas enseignées par les écoles de commerce. Le face à face pédagogique ne parvient pas à donner cette dimension. Car il s’agit plus de savoir être, que de savoir faire, matière transmissible par la formation ou par les livres.

« Acquérir un savoir être suppose une mise en jeu de l’individu, avec une injonction de subjectivité : mettez-vous en tant que sujet dans l’affaire pour pouvoir évoluer. On ne parlera pas de formation, mais plutôt de grandissement, d’évolution, de développement. » a-t-il expliqué. « Avec cette nouvelle exigence sociale d’avoir ces savoirs être, on touche à une limite de la formation : la formation ne sait pas faire ».

Denis Bismuth juge que le coaching est une réponse partielle à un problème que la formation ne peut résoudre : « comment donner des méta compétences aux gens (des compétences à mettre en jeu des compétences) ». Pour lui, le coaching est une réponse individuelle qui atteint ses limites lorsqu’il est pratiqué à grande échelle : chacun parlant avec son coach, ne parle plus avec ses collègues : ça « atomise » les relations. « Le coaching c’est très bien, mais il ne donne pas la dimension éducative, formative que donnent les démarches collectives. » a-t-il conclu.

Nadia Bruneau, Centre-Inffo

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