Le CAS propose de renforcer la formation aux compétences transversales et transférables pour favoriser la mobilité professionnelle
Renforcer l’apprentissage des compétences transversales au cours de la vie active, par une amélioration de la qualité de l’offre et un accès plus large aux dispositifs de formation ; développer les formations organisées en modules séparés (permettant notamment d’acquérir des compétences complémentaires) et, dans l’enseignement professionnel, réduire la gamme des spécialités, telles sont deux des recommandations de la note d’analyse « Compétences transversales » et « compétences transférables », des compétences qui facilitent les mobilités professionnelles du centre d’analyse stratégique (CAS) publiée jeudi 21 avril.
« En matière de politiques d’emploi, de formation et d’orientation, la question des compétences à mobiliser pour faire face à ces transformations et favoriser des mobilités positives pour les actifs et les entreprises occupe une place centrale. Les compétences transversales et transférables font ainsi l’objet d’un intérêt croissant, car elles sont jugées fondamentales pour permettre ces transitions et rendre le marché du travail plus fluide. » explique l’auteur Frédéric Lainé.
Il fait la distinction entre les compétences transversales, directement liées à des savoirs de base (maîtrise de la langue, écriture et opérations arithmétiques, premier niveau de bureautique), des compétences comportementales, cognitives ou organisationnelles (aptitude à gérer la relation client, travailler en équipe, adaptabilité à un environnement de travail, etc.) et les compétences transférables, attachées aux situations professionnelles mais pouvant être utilisées dans d’autres secteurs d’activité ou d’autres métiers, telle la compétence technique acquise dans la maintenance peut être transférée dans un autre métier de la maintenance, ou celles des ingénieurs peuvent être utilisées dans un autre poste technico-commercial. D’autres peuvent être acquises dans la vie extra professionnelle comme l’aptitude à s’occuper des enfants.
Si l’accent est mis sur les compétences de base, la note d’analyse estime qu’il ne faut pas négliger les secondes et elle relève plusieurs enjeux les concernant : l’identification et le signalement des compétences, leur acquisition et leur certification, l’accompagnement des salariés et des entreprises.
« Dans un contexte de plus en plus marqué par les mobilités professionnelles et qui nécessite en conséquence de sécuriser les parcours, l’enjeu est d’améliorer l’identification et l’acquisition des compétences des individus. » Le CAS estime qu’il faut améliorer les outils d’identification et d’accompagnement (en plus du livret ou du passeport compétences et le développement des bilans de compétences) et de développer l’acquisition de compétences transversales et transférables.
Observant que les dispositifs d’acquisition ou de certification de compétences génériques « se sont élargis et décloisonnés » l’auteur estime qu’il y a des progrès à faire, notamment en direction des publics fragiles. Pour ce faire il propose en premier lieu de renforcer l’apprentissage des compétences transversales mobilisées en situation de travail dans les filières professionnelles de l’enseignement secondaire et à l’université. Mais pas uniquement.
Dans la vie active, il pense nécessaire d’en renforcer l’apprentissage par une amélioration de la qualité de l’offre et un accès plus large aux dispositifs de formation. Le CAS propose que les actions correspondantes soient référencées dans une annexe au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), que les OPCA puissent financer des formations à des compétences identifiées au sein de la branche professionnelle, ou par des accords entre les branches professionnelles et l’État (EDEC – Engagements de développement de l’emploi et des compétences) ou la Région (COT - Contrats d’objectifs territoriaux).
L’analyse estime que le nombre de personnes formées au programme Compétences clés doit être accru et suggère d’assurer une meilleure couverture régionale du programme de formation aux compétences transversales de Pôle emploi tout en incitant davantage les plus de 45 ans à les suivre.
Enfin, le CAS propose de développer les formations organisées en modules séparés (permettant notamment d’acquérir des compétences complémentaires) ce qui permet aux personnes dont les compétences sont transférables une remise à niveau partielle ou un complément de formation pour une meilleure mobilité. D’autre part, le rôle clé des compétences transférables dans les parcours professionnels et les mobilités entre emplois plaide pour une réduction du nombre de spécialités à l’entrée dans l’enseignement professionnel, tels que le font les autres pays de l’OCDE depuis les années 2000 et voie sur laquelle la France s’est engagée.
Le 26 avril 2011, par Béatrice Delamer
Un site de Centre Inffo







