Le tournant du numérique à l’AFPA (1)
Comment faire d’un retard un avantage compétitif dans le domaine du numérique au service de la formation professionnelle ?
En développant une démarche systémique qui dépasse conceptuellement les étapes transitoires que furent la F.O.A.D (formation ouverte et à distance), le e-learning, le blended learning…
Il s’agit de mettre en œuvre la définition la plus récente proposée par le FFFOD (forum français de formation ouverte et à distance) :
« La désynchronisation totale ou partielle de l’unité de temps et d’action, pour aboutir à une combinatoire « multimodale » des 3 composants du théâtre classique appliquée à la formation :
- le temps synchrone et asynchrone
- l’éclatement de l’espace unique en 4 lieux répartis : le centre de formation, les ENT (espaces numériques de travail), l’entreprise et le domicile des apprenants
- l’articulation entre l’individualisation des processus et parcours d’apprentissages et la socialisation nécessaire pour s’insérer dans des collectifs de travail »
L’offre de services à développer doit intégrer globalement le numérique et devenir « multimodale ». Elle combine 3 composantes (temps / lieux / action) pour contextualiser le service rendu en fonction de la spécificité de la prescription et des profils des stagiaires. La contextualisation est, en dernière instance, de la responsabilité du formateur. La cohérence et la qualité de l’offre qui constituent la marque Afpa seront assurées, en terme d’invariant, par l’ingénierie qui doit s’incarner dans la dimension numérique : design, ressources numériques standards…
Cette politique volontariste mais pragmatique suppose - un plan ambitieux et cohérent d’une offre de service numérique qui mobilise les commerciaux et les formateurs : le dossier DEVIN_Tech porté conjointement par la direction de l’innovation, la direction marketing et Afpa Ingénierie pose les bases solides de ce plan d’innovation - une dynamique d’investissement pluri annuelle concentrée sur 2 à 3 ans sur le plan « alternance » de l’Afpa pour donner de la lisibilité et éviter la dilution des efforts - une perspective internationale car les services créés seront accessibles mondialement - des partenaires fiables (tant au plan technologique que pédagogique) avec qui produire pour éviter la centration sur soi et bénéficier d’un effet d’entraînement - une accessibilité maximale à ces nouveaux services (infrastructure réseau et poste de travail) : le développement du Cloud computing est une piste à explorer. Il ne faut pas se voiler la face l’accessibilité est le véritable talon d’Achille sur ce dossier ! Nos futurs services web devront être disponibles au domicile des stagiaires (le plus simple), dans leurs entreprises d’accueil et dans les campus Afpa
La convergence entre le développement du numérique et le projet de l’Afpa sur l’alternance
La convergence entre la définition de l’alternance en formation et l’usage du numérique est troublante : dans les 2 cas il s’agit d’une désynchronisation du temps de l’espace de la formation. On peut pousser le raisonnement et mettre le numérique au service de l’alternance car :
- d’une part, un espace virtuel de formation doit permettre de créer du lien et de la cohérence entre le centre de formation, l’apprenant et l’entreprise d’accueil et son tuteur. Ce type de dispositif va contribuer pour un coup faible à notre offre plus attractive
- d’autre part, les outils numériques doivent permettre des gains de productivité pour atteindre l’objectif de 25 000 alternants en 2016. Ces gains seront obtenus en automatisant un certain nombre de tâches de suivi des stagiaires et en dématérialisant le maximum de procédures (positionnement, évaluation formative…) tout en favorisant la formation collaborative via l’apprentissage par les pairs en se basant sur la dynamique des réseaux sociaux pour l’apprentissage.
(1) A lire : Moeglin P.- "Les industries éducatives".- Paris : PUF, 2010
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