Les Bac+5 échappent difficilement au gouffre du chômage, les non diplômés s’y enlisent (DGEFP)
Le chômage des jeunes en Europe, largement répandu avant la crise financière et économique, devient désormais un véritable casse tête pour les gouvernements de l’Union européenne. Le taux de chômage des jeunes dans les 27 pays de l’UE (18,3%) augmente plus vite que le chômage total (8,2%).
Avec un taux d’emploi (32%) des jeunes inférieur à la moyenne de l’UE (37%), la France n’échappe pas à ces difficultés, a expliqué Bertrand Martinot, délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), vendredi 12 mars, lors d’une conférence de presse au ministère de l’Economie.
Si le « volume prévisible de recrutements devrait être très insuffisant » pour les 120 000 jeunes qui sortent de l’enseignement supérieur cette année, selon une étude de l’Apec publiée jeudi 11 janvier, l’insertion professionnelle se fait plus facilement à mesure que le niveau de diplôme s’élève.
Ainsi, le taux de chômage chez hommes doctorants et diplômés d’école de commerce est respectivement de 8% et 2%, contre 29% chez les hommes non diplômés, lit-on sur un document transmis par les services de Bertrand Martinot L’écart se creuse encore davantage entre le taux de chômage des femmes non diplômées (38%) et les Bac+5 et plus (7%).
Peu de différence en revanche, quelque soit le sexe, entre le taux de chômage des hommes BAC + 2 (7%), licence (8%) ou Master 1 (11%). En clair, seul un BAC+5 semble protéger des fourches caudines du chômage des jeunes.
Conséquence de cette conjoncture : le déclassement (poste occupé en comparaison au niveau d’étude) se « renforce », a souligné Bertrand Martinot. « De nombreux jeunes acceptent le déclassement pour obtenir un emploi et même parfois une décote salariale pour passer d’un emploi précaire à un emploi stable », indique la DGEFP.
Laquelle rappelle que si les 16-25 sont les premiers touchés en situation de crise économique, comme ce fût le cas notamment en 1993, inversement, « lorsque la conjoncture s’améliore, les jeunes sont les premiers à bénéficier de la reprise de l’emploi », a déclaré Bertrand Martinot. Leur taux de chômage baisse alors plus rapidement que celui de l’ensemble de la population active.
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