Le tutorat et les formations en alternance
Dans quelles mesures les formations en alternance répondent-elles aux besoins des jeunes en termes d’insertion sociale et professionnelle ?
Les statistiques montrent que les jeunes ayant suivi une formation en alternance débouchent plus facilement sur un emploi -souvent durable- que ceux issus d’une formation à temps plein à l’école. Ceci ne met pas en cause la qualité des formations initiales classiques ; simplement le jeune acquiert lors des périodes en milieu professionnel des savoir-faire, des comportements qui le rendent plus rapidement apte à occuper un emploi. De plus, les employeurs observent le jeune durant ses présences dans l’entreprise, donnant ainsi à ces périodes un rôle dévolu aux périodes d’essai. De nombreux jeunes rencontrent dans les apprentissages plus théoriques de l’école de réelles difficultés. Aussi, l’approche proposée par l’entreprise faite d’essais-erreurs, de réflexions à partir d’une production, confère à l’apprentissage un caractère « concret » plus adapté aux stratégies d’apprentissage de ces jeunes. Enfin, l’immersion dans le Monde du travail donne l’occasion au jeune de découvrir de nouvelles règles, de tisser de nouvelles relations avec des adultes, ce qui contribue à cette insertion sociale.
Peut-on dire que l’alternance connaisse une réelle évolution depuis les années 1960-1970 ?
Aux yeux du grand public l’alternance est reconnue maintenant comme une formation à part entière, généralisée dans les formations professionnelles et préparant à tous les niveaux ; rappelons que l’on peut préparer un diplôme d’ingénieur par alternance ou apprentissage. Cette formule n’est donc plus liée aux publics dits en difficulté scolaire. Ceci étant, il y a encore beaucoup à faire pour que de véritables partenariats se nouent entre les équipes pédagogiques et les milieux professionnels, qu’une véritable pédagogie de l’alternance soit élaborée et mise en œuvre dans toutes les sections accueillant des jeunes en formation alternée et pour que les jeunes soient de véritables acteurs de leur formation. Ceci nécessite une meilleure formation des enseignants concernés et le développement de la fonction tutorale dans les entreprises.
Comment le tutorat contribue-t-il à la réussite des dispositifs de formation en alternance ?
A l’école, les enseignants aident les jeunes dans leurs apprentissages, guident leurs travaux et évaluent les progrès de l’élève qui est censé comprendre et mémoriser en vue d’une éventuelle action future. En milieu professionnel, le jeune est confronté à une approche inversée. Il va devoir rapidement agir, et pour ce faire mobiliser des savoirs acquis à l’école ; mais aussi produire de nouveaux savoirs grâce à la réflexion sur l’action menée (individuelle ou collective). Il devra aussi se construire progressivement des compétences liées à un poste, à l’exercice d’un métier et nécessaires à l’obtention d’un diplôme. La fonction tutorale a pour objet de faciliter l’accueil et l’intégration dans l’entreprise et la profession, d’organiser le parcours, de rendre le travail formateur et d’évaluer tant les résultats produits que la progression du jeune en liaison avec le professeur référent. Elle constitue donc un atout majeur dans le processus d’apprentissage du jeune et de son insertion dans le monde du travail. Si les choses évoluent positivement, des efforts restent à faire pour conférer à cette notion d’accompagnement tout son sens et la doter de démarches et d’outils efficaces.
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