« Pour changer le regard sur le handicap, changeons d’abord les mots que nous employons »
Lors du colloque "Handicap : de la volonté d’agir au changement de regard", tenu le 5 octobre 2010 à la CCI de Paris, Jean-François Chossy, député (UMP) de la Loire et membre de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale, a tenu à clarifier plusieurs problématiques d’ordre langagier : « Je n’aime pas le terme "personne en situation de handicap". Vous êtes en situation de handicap lorsque vous vous êtes cassé une jambe au ski, par exemple, mais cette expression a une teneur provisoire qui me déplaît. Une personne handicapée l’est en permanence. Pour changer le regard, changeons d’abord les mots que nous employons. »
Rapporteur de la loi sur l’égalité des droits et des chances en 2005, le parlementaire a insisté sur ces questions sémantiques : « en tant que député, j’aurais été choqué de lire une proposition de loi initialement intitulé "loi sur l’égalité des chances et la citoyenneté des personnes handicapées". Parce que ces derniers ne seraient pas des citoyens à part entière, peut-être ? Non ! Le droit commun est le même pour tout le monde, quelle que soit sa situation ! » S’il avoue partager l’opinion de Monique Pelletier, intervenante en début de conférence quant à une politique de solidarité plutôt que de générosité ou de compassion, Jean-François Chossy regrette toutefois que les moyens techniques et financiers suffisants n’aient pas été mis au service de cette loi ou même qu’elle ait été trop spécifiquement créée en faveur d’un public précis. « Arrêtons de considérer l’accessibilité uniquement par le prisme du handicap. Elle peut être amenée à concerner chacun d’entre nous. Prenez l’exemple de la télécommande : cet appareil a été, à l’origine, inventé par un ingénieur américain au service de l’un de ses amis tétraplégique. Et aujourd’hui, il fait partie des objets du quotidien ! »
Insistant sur la nécessité de créer de nouveaux métiers d’accompagnement, au service d’une politique volontariste et de proximité, le parlementaire rappelle l’esprit qui l’animait en 2005. « Surtout, ne parlons pas d’intégration des personnes handicapées ! Elles n’ont pas à s’intégrer à quoi que ce soit ! Je préfère parler d’implication et de projets de vie plutôt que de l’idée même d’intégration ! »
Un site de Centre Inffo







