« Vers la fin du consensus sur l’emploi des seniors »
Lors d’une conférence sur l’emploi des seniors [1], le consultant Nicolas Fourmont a expliqué que deux façons bien différentes de concevoir « l’emploi des seniors » coexistaient au sein de la société française.
« D’un côté, les pouvoir publics et les syndicats mettent en avant le consensus selon lequel il faut maintenir les seniors dans l’emploi le plus longtemps possible. Or, ce n’est pas à leur niveau que les choses se jouent. C’est au niveau des salariés et des entreprises. Or, les études de ces dernières années montrent que les salariés sont de moins en moins nombreux à vouloir travailler jusqu’à avoir le droit à une retraite à taux plein. Ils sont moins d’un sur deux à présent. Quant aux entreprises, elles sont surtout motivées par la maîtrise de la masse salariale ».
D’après lui, beaucoup d’entreprises pensent que le départ des seniors est la solution à bien des maux : non seulement il ne coûte pas grand-chose vu qu’il est pris en charge par les pouvoir publics, mais en plus, il permet aux jeunes d’entrer dans l’entreprise et règle les problèmes de pénibilité du travail…
Mais Nicolas Fourmont estime que les choses risquent de changer dans les années qui viennent. « Les dispositifs d’aide au départ sont de plus en plus rares, la perception du coût va donc changer. De plus, l’Insee prédit que la population active sera stable dans les années qui viennent et que des besoins de main d’œuvre se feront sentir d’un point de vue quantitatif. Des études ont montré que 48 % des personnes travaillant dans l’énergie ne seront plus en poste en 2020. Or, il s’agit majoritairement d’ingénieurs. Areva anticipe le problème et embauche 12 000 personnes par an dans le monde et fait tout pour garder ses seniors. Ce "taux de retrait" est de 40 % dans les activités immobilières et la finance et de 39 % dans les industries automobile et des biens de consommation ».
[1] Organisée à Paris par Sextant Expertise jeudi 15 avril.
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