93 % : c’est la part des recruteurs en France qui, depuis 2022, placent les compétences comportementales sur le même plan, voire au-dessus, que les compétences techniques dans leurs critères de sélection. Pourtant, si l’on regarde de plus près, certains profils techniques continuent d’être recrutés sans qu’on s’attarde vraiment sur leur savoir-être. Les pratiques varient, les lignes bougent, mais la notion d’équilibre reste à géométrie variable selon les secteurs et les niveaux de fonctions.
Du géant du CAC 40 à la PME de province, chaque entreprise sent la pression monter : il faut repérer, jauger, comparer des aptitudes qu’on jugeait autrefois trop floues pour être vraiment mesurées. La digitalisation du travail, l’hybridation des métiers et la vitesse des mutations rebattent les cartes. Ce qui semblait gravé dans le marbre il y a dix ans vacille aujourd’hui face à l’urgence d’intégrer de nouveaux critères, plus humains, dans le recrutement.
Les soft skills, un atout décisif dans le monde du travail actuel
Parler de soft skills, ce n’est pas se limiter à la capacité à travailler ensemble. L’agilité d’esprit, l’écoute active, la faculté à encaisser l’incertitude ou à rebondir face aux imprévus : voilà ce que les entreprises recherchent. Les compétences comportementales s’imposent à égalité avec les fameuses hard skills, sans pour autant reléguer la technique au second plan. C’est toute la hiérarchie des attentes qui se redistribue.
Dans les entretiens, les managers sont de plus en plus nombreux à mentionner ce besoin : trouver des collaborateurs qui savent naviguer dans des contextes mouvants, apprendre en continu, transmettre leurs connaissances et embarquer toute une équipe. Les soft skills servent désormais à départager les candidats, surtout dans les métiers où l’innovation et l’agilité sont devenues des armes de survie.
Voici trois dimensions qui reviennent le plus souvent dans les discussions sur le recrutement :
- Adaptabilité : la capacité à réagir sans perdre de vue les objectifs, à ajuster méthodes et priorités en temps réel.
- Communication : tout l’art de rendre compréhensible ce qui ne l’est pas d’emblée, de faciliter le dialogue entre des services qui parfois se parlent peu.
- Résolution de problèmes : savoir improviser face à un incident inédit, proposer des solutions là où la procédure fait défaut.
Ces compétences dites douces ne sont plus réservées à une élite managériale ; elles s’inscrivent dans les process d’évaluation dès le premier entretien, que l’on soit jeune diplômé ou cadre confirmé. La frontière entre technique et comportement s’estompe à mesure que la transformation numérique accélère les mutations. Les attentes évoluent : on recherche un équilibre subtil entre expertise, curiosité et capacité à se réinventer.
Pourquoi les recruteurs misent-ils de plus en plus sur les compétences humaines ?
Intégrer les soft skills dans le recrutement n’a rien d’une mode passagère. Les bouleversements des marchés, la numérisation galopante, la fusion des métiers bousculent les anciens repères. L’accumulation de diplômes ne suffit plus. Il faut un savoir-être, cette capacité à désamorcer les tensions, à s’ajuster, à coopérer même sous pression.
Ce virage s’observe dans toutes les études. D’après Pôle emploi, 60 % des employeurs mettent dorénavant les compétences comportementales au cœur de leur stratégie. Du conseil à l’industrie, aucune filière n’échappe à cette révision des critères.
Hier encore, la rareté technique faisait pencher la balance. Aujourd’hui, la croissance dépend de la capacité à créer du lien, à oser, à apprendre vite. Les qualités recherchées sont devenues très concrètes : écoute, créativité, gestion intelligente des priorités. Face à l’incertitude, on attend des collaborateurs capables de prendre des initiatives et de trouver leur place dans l’équipe, sans attendre des consignes détaillées à chaque étape.
Quelques exemples permettent de cerner la logique qui guide ce nouvel élan :
- Recrutement soft skills : moteur d’une cohésion d’équipe solide, source d’efficacité collective.
- Pourquoi soft skills : pour conserver une capacité à réagir, même quand l’environnement devient imprévisible.
- Skills recrutement : pour attirer des talents capables de se remettre en question, d’apprendre de leurs erreurs et de s’adapter sans perdre leurs repères.
Ce changement de cap n’a rien d’anecdotique. Les entreprises françaises, soucieuses de fidéliser leurs équipes et de garantir leur avenir, font du recrutement centré soft skills une boussole pour avancer.
Identifier les soft skills qui font vraiment la différence lors d’un recrutement
Les compétences douces se sont imposées comme critère de différenciation. Mais il ne s’agit pas d’une liste universelle : chaque poste, chaque culture d’entreprise appelle ses propres priorités. Prenons la communication : elle ne se limite plus à transmettre une information. Elle englobe l’écoute, l’art de reformuler, la capacité à convaincre ou à lever les malentendus, autant de qualités recherchées partout.
Dans cette galaxie de compétences, l’intelligence émotionnelle occupe une place de choix. Savoir reconnaître ses propres émotions et celles des autres, c’est renforcer la cohésion de l’équipe et mieux affronter les situations complexes. Viennent ensuite la résolution de problèmes et la prise de décision : analyser froidement une difficulté, imaginer des alternatives, trancher quand la réponse n’est pas évidente.
Parmi les savoir-être les plus valorisés, deux ressortent particulièrement :
- Gestion du stress : rester performant même lorsque la pression monte.
- Esprit d’équipe : jouer collectif, partager l’information, apprécier la diversité des parcours.
Pour repérer ces qualités, les recruteurs multiplient les approches : mises en situation, questions ciblées, tests spécifiques. La souplesse, la curiosité et la créativité retiennent aussi l’attention, à condition d’être en phase avec la culture de l’entreprise et les missions. Ce travail d’ajustement permanent permet d’accorder chaque recrutement avec les besoins réels de l’organisation.
Intégrer les soft skills dans votre processus de recrutement : leviers et bonnes pratiques
Détecter les soft skills ne se résume plus à une intuition : les entreprises affinent leurs méthodes pour repérer ces talents dès les premiers échanges, bien avant de décortiquer un CV ou une liste de diplômes. RH et managers disposent de plusieurs leviers pour allier technique et qualités humaines.
Voici quelques pratiques qui permettent de révéler le potentiel comportemental d’un candidat :
- Adaptez les entretiens : privilégiez les questions ouvertes, invitez les candidats à détailler une situation concrète, à expliquer comment ils ont géré un conflit ou coopéré sous pression.
- Proposez des mises en situation : confronter un candidat à un cas réel permet de voir comment il réagit, communique et prend des initiatives.
- Utilisez des tests ciblés : certains outils, validés scientifiquement, mesurent des aspects tels que l’intelligence émotionnelle, l’écoute active ou la capacité à travailler en équipe.
Valoriser ces compétences ne s’improvise pas. Les outils d’évaluation doivent être pensés en fonction du poste, des valeurs et de la culture interne. Impliquer plusieurs évaluateurs, manager, RH, membres de l’équipe, permet de limiter les biais et d’affiner le regard. Ce croisement de perspectives enrichit la prise de décision.
Prendre le temps d’évaluer ces dimensions comportementales, c’est renforcer la complémentarité des profils. Les soft skills les plus recherchées, gestion du stress, souplesse, esprit d’équipe, deviennent de véritables moteurs de performance et de cohésion au fil du temps.
À mesure que les besoins évoluent, une certitude s’impose : ce sont bien les qualités humaines qui dessinent le visage du recrutement de demain. Reste à savoir qui saura, au bon moment, révéler son jeu et faire la différence là où on ne l’attendait pas.


